COVID-19

Voilà à quoi on ressemble quand on essaie de dormir en « mise en place » (c’est à dire un vol en tant que passager pour aller ou rentrer de mission) dans un avion ces temps-ci… 😷

D’ailleurs j’ai découvert qu’on pouvait fort bien avoir accès aux paramètres de vol depuis le siège 3L dans le 777.

La prochaine fois j’essaie de m’installer là pour piloter, c’est bien plus confortable. 😉

Le TWA HOTEL

Je n’aurais jamais dû voir le TWA Hotel.

J’étais de réserve à l’hôtel de Roissy, quand Thierry du planning, de sa voix suave et mélodieuse, m’a passé un coup de fil : « ce soir tu pars sur Shanghai / Singapour à 23h30 ! » puis, quelques minutes plus tard « ah ben non finalement y’a François qui s’est bloqué le dos, fonce, on t’attend sur le New-York de 14h20, retour en mise en place jeudi matin ! » Premier coup de bol : en cette période si particulière où notre programme de vols est abattu de 90%, et où beaucoup de pilotes sont cloués au sol, partir voler c’était inespéré !

Deuxième coup de bol : en général, les équipages Air France ont la chance d’être hébergés en centre ville, lorsque le temps d’escale le permet. Du 3 au 10 juin, à cause des émeutes aux USA, la Direction de la Sûreté avait décidé de nous « déloger » à l’aéroport de JFK. Je suis arrivé le 9. Cette fois-ci, la chance c’était de dormir à l’aéroport – ce qui m’a permis de découvrir cet hôtel mythique de 512 chambres, établi dans l’ancien terminal de la compagnie TWA, conçu par l’architecte Eero Saarinen au début des années 1960.

Evidemment, les conditions étaient particulières : la magnifique piscine, la salle de sport et les bars et restaurants étaient fermés. Nous avons tout de même pu prendre une Sam Adams et un Hot Dog au soleil avec mes 2 officiers pilotes. La journée du lendemain a été un peu longue mais j’ai pu me promener dans les couloirs et sous l’aile de Connie, le magnifique Super Constellation qui trône devant le bâtiment. J’ai ramené quelques photos que je partage avec vous, en espérant y retourner un jour !

Bot aéro sur Telegram

Un ami pilote vient de créer un bot logiciel qui utilise la messagerie sécurisée Telegram (https://telegram.org) pour obtenir les NOTAMS actualisés et la météo (TAF / METAR) et surveiller ainsi les terrains de votre choix. Vous pouvez donc les recevoir par push !

C’est par là que ça se passe : t.me/blinkAeroBot

Vous pouvez taper /help pour connaitre les commandes disponibles, /monitor XXXX pour débuter la surveillance d’un terrain, /list pour les terrains surveillés, …

Un an de 777

Il y a juste une année, je commençais mon stage de qualification sur Boeing 777.

J’ai donc eu droit hier à mon contrôle simulateur annuel, une séance assez « classique » avec des exercices réglementaires qui se ressemblent beaucoup chaque année. Il y a un petit voyage (Seattle – Vancouver cette année) avec deux pannes mineures et une panne moteur en descente, puis des exercices de panne moteur au décollage, retour rapide, remise de gaz cause météo, et atterrissage. On termine la séance par les entraînements aux « LVO » pour Low Visibility Operations, avec décollages et atterrissages, avec ou sans panne, dans le pire brouillard possible (75m de visibilité, le 777 se pose à 300 km/h…)

Le contrôle s’est bien passé, merci, me voilà revalidé pour un an.

Aujourd’hui c’était la récompense ! Une séance d’entraînement pur, avec des exercices faits sans « pression » puisque ni notre vie ni notre licence n’en dépendent… dans un excellent esprit avec un instructeur qui nous a fait donner le meilleur de nous-mêmes, et qui dès le briefing nous a dit qu’on était là pour se faire plaisir !…


Panne moteur en croisière suivie d’un déroutement sur Kangerlussuaq au Groenland, récupération de l’avion dans des postions inusuelles dignes d’un avion de voltige, approches particulières avec des surprises comme un feu en cabine juste avant l’atterrissage, détection et rattrapage d’erreurs volontaires du contrôleur ou du collègue complice, et panne hydraulique pour finir.

Un peu fatiguant j’avoue, mais l’objectif de l’instructeur était rempli, j’ai pris du plaisir pendant cette séance et cela ne m’était pas arrivé depuis très longtemps au simulateur ! Merci à Gilles (et Richard) pour cette séance après laquelle on se sent en confiance dans son niveau professionnel !

San Francisco

Ca faisait 15 ans que je n’étais pas venu en fonction… Quel plaisir de retrouver cette ville un jour d’Halloween, de parcourir le Golden Gate à vélo sous un grand soleil…

Le meilleur job étudiant DU MONDE

Air France recrute les PCB 2020 !

Je relaie ci-dessous l’annonce trouvée ce jour sur notre site de com° interne ; si vous connaissez des jeunes intéressés pour l’été prochain n’hésitez pas à leur faire connaitre cette opportunité de faire partie de nos équipages pendant quelques semaines ! En général l’expérience est fort appréciée…

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Cette année encore, la compagnie donnera l’opportunité à des saisonniers de travailler à bord de nos avions durant la saison été 2020 (de juin à septembre).

Il faudra être disponible à minima durant deux mois consécutifs incluant obligatoirement juillet et août.

Cette offre Personnel Complémentaire de Bord sera publiée le 30 septembre 2019 sur le site Emploi Air France : https://recrutement.airfrance.com 

Attention, elle sera retirée dès que le nombre de candidats requis sera atteint.

Une attestation d’anglais de niveau minimum B1 et datée de moins de 24 mois sera un prérequis à la candidature. Le niveau B1 se traduit ainsi suivant le type de tests :

–  TOEIC score minimum 550

–  TOEFL IBT score minimum 42

–  BULATS score minimum 40

–  IELTS score minimum de 3.5

–  CAMBRIDGE score minimum PET obtenu

–  LINGUASKILL score minimum 140

Bonne chance à tous les candidats !

L’équipe recrutement RH

777 : Achievement unlocked

Enfin lâché CDB 777 !

En plus l’avion avait les mêmes initiales que moi… ça ne pouvait QUE bien se passer…

Arrivée à CDG en zigzaguant un peu entre les petits grains, et 20 minutes d’avance au parking.

Prochains vols : Dubai, Buenos Aires, New York, Los Angeles.

A bientôt pour de nouvelles photos !

Tokyo

Troisième rotation sur mon nouvel avion ! Après douze ans loin du long courrier je redécouvre les joies du vol de nuit, de la couchette, du décalage horaire (8h au Japon…) et aussi le bonheur d’aller dévorer une soupe et des Giozas avec une Asahi à Shinjuku. Aujourd’hui Akihabara !

Qualifié 777

Le 3 décembre je suis rentré en qualification sur Boeing-777. 1 mois d’apprentissage théorique avec des cours en salle pour connaître les circuits de l’avion et son fonctionnement grâce des excellents instructeurs sol (les « GI » pour Ground Instrutor, souvent anciens mécaniciens avion).

Ensuite vient la phase simulateur où nous apprenons d’abord les procédures normales puis les traitements de pannes simples et complexes. Le rythme est assez soutenu (3 à 4 séances / semaine avec 1h30 de briefing, 4h dans la boîte et 30′ de débriefing) et presque autant de boulot pour préparer la séance du lendemain…

Beaucoup de différences de philosophie entre Airbus et Boeing, des habitudes à perdre (voilà 18 ans que pour allumer les phares de l’avion je manipulais des switches de l’Airbus dans un sens et sur Boeing c’est l’inverse… ) et réapprendre à piloter avec un vrai manche et un trim ça nécessite de l’entraînement !

Cette phase se termine par un test au simulateur, et ensuite j’ai attaqué la phase vol avec des passagers et un instructeur qui joue le rôle du copilote, me supervise et me conseille. C’était la semaine dernière sur Dakar. Je me suis vraiment senti sourire au moment du décollage, c’est pas tous les jours son premier vol sur un si bel avion !

Retour au simu depuis 2 jours pour faire des exercices plus orientés « ligne » avec des traitements de panne impliquant des vidanges de carburant ou des déroutements en zone océanique ; on s’entraîne également aux procédures de navigation très spéciales dans ces zones isolées et sans contrôle radar.

Hier soir décollage de l’engin à 344 tonnes (masse maxi décollage) de Hong Kong, une porte cargo se déverrouille, un filtre carburant se bouche : impossible de continuer 11 heures comme ça – bilan et choix d’un terrain où la météo et les performances de l’avion permettent l’atterrissage, vidange de 90 tonnes de kérosène (environ 45 minutes, heureusement les artifices du simulateur permettent d’accélérer le temps à ce moment là !) et atterrissage à Shenzen ou à Macau, ce qui permet de se familiariser avec les terrains de la région.

Prochain vol Fort de France mardi puis Washington et Tokyo Haneda (2 fois de suite 🍣😋) et si tout se passe bien début mars je serai lâché !

Dernier simu 320

20/21 octobre 2018, je fais mes 2 dernières séances d’ECP (Entraînement et Contrôle Périodique) avant départ sur 777 le 3 décembre.

Je me rappelle d’un post qui date de 2012 et qui traitait d’une séance de simu…

J’avais dû faire d’autres posts là dessus après ma qualification 320 en 2007 mais tout ça s’est perdu dans les limbes de WordPress et d’internet…

Ca me donne l’occasion de poster un petit peu sur ce blog qui pourrait paraître à l’abandon… je suis cependant toujours actif sur Twitter (@zepyaf) et j’avoue que le côté « pocket blogging » de ce media me plaît bien.

Mais je vais essayer, dans les prochains mois, de revenir poster ici, et de retour sur Long Courrier peut-être aurai-je l’occasion d’étoffer un peu ma galerie de photos aéro

Je viens d’ailleurs de prendre le temps d’ajouter quelques photos plus récentes dans mes galeries, allez jeter un œil ! J’ai aussi changé le thème de la page d’accueil et mis à jours quelques liens « morts »…

Ironie du sort : ma séance simu d’hier se terminait à Marseille Provence, où j’ai le bonheur d’être encore basé jusqu’à la fin du mois, et où j’ai passé 7 mois fantastiques avec des approches à vue fréquentes et des ambiances équipages vraiment sympa…

Et ce matin, ma dernière séance de simu sur 320 se passait à Londres Gatwick, aéroport où il est prévu que j’aille faire un petit séjour pendant ma qualification sur B777, suite au manque de ressources à CDG tant le nombre de qualifs est important cet hiver.

Merci à tous pour vos messages et à bientôt sur l’aéro-blog !

4 mars 1988

C’était il y a 30 ans. Jour pour jour.

J’avais 16 ans, j’étais en Première S au lycée Henri Poincaré de Nancy.

Vers midi, ma mère est venue me chercher avec mon petit frère et m’a dit « Ton papa a eu un accident d’avion. On n’est plus que nous trois… »

Dans la matinée, elle l’avait appris à la radio… « Il n’y a pas de survivant dans l’avion de la TAT qui s’est écrasé ce matin en Seine et Marne – cet avion effectuait la ligne Nancy-Paris… »

Mon père était le commandant de bord du Fairchild 227 qui s’est écrasé ce matin-là près de Melun.

Les jours, les semaines et les mois suivants, nous avons entendu et lu des articles épouvantables écrits par des « journalistes » pseudo experts aériens, qui chargeaient honteusement les pilotes puisque plus personne n’était là pour se défendre.

Le rapport du BEA innocenta l’équipage, l’hypothèse retenue fut celle-ci : l’avion avait un élément défectueux qui trimmait la commande de profondeur hors limite à cabrer, à l’insu des pilotes ; il s’était produit juste à ce moment une panne électrique totale, indépendante du souci de trim…. La fameuse loi de l’emmerdement maximum…. Sans horizon artificiel de secours (pas obligatoire sur cet avion à l’époque) il était impossible de récupérer l’avion en IMC.

Des rumeurs sur une autre cause de l’accident circulaient, et je me disais à l’épisode que dans 20 ou 30 ans, comme pour la Caravelle Ajaccio – Nice, des témoignages émergeraient et nous aideraient à comprendre ce qui s’était passé.

30 ans plus tard, c’est aujourd’hui…

J’ai écrit ce simple post parce que je pense à lui, à son équipage et à ses passagers.