Paris / Séoul Septembre 2021

Voici quelques photos de mon vol « aller » vers Séoul, avec le superbe 777-300 FGZND baptisé « La Rochelle » – tous les avions qui rejoignent notre flotte ou qui sont repeints sont ainsi baptisés d’un nom de ville française. Un autre équipage a pris en charge l’avion et les passagers à Séoul pour les emmener jusque Shanghai, la destination finale du vol AF198.

La photo en noir et blanc a été prise par mon officier pilote Jullien (« avec deux ailes ») et il s’agit d’un 737 que nous avons doublé par le dessous, au milieu de la Sibérie. Je n’ai pas assisté à la scène et à l’enregistrement du cliché, mais le mode « nuit » de son iphone 12 mini a donné quelque chose de sympa, un petit côté OVNI…

Les photos suivantes montrent bien que l’été est terminé en Sibérie, nous avons eu des météos brumeuses, avec des plafonds bas et des brouillards froids sur notre traversée russe. C’est le début de la saison où nous serons moins embêtés par les orages mais plus par les basses visibilités.

J’ai trouvé la perspective de la fenêtre qui se reflétait dans la plaque de plexiglas sympa, et aussi la trajectoire « théorique » de l’arrivée à Seoul Incheon – en réalité nous avons eu comme souvent quand le trafic est léger, une directe sur le point MUNAN, avec une descente vers 1600ft sur la mer puis un virage à droite, très bas, pour intercepter l’axe de la piste 16R.

Me voilà enfermé à l’hôtel pour presque 3 jours – l’heure n’est pas à la levée des restrictions pour les équipages, hélas…

Vol cargo imprévu

Hier soir j’ai dépanné le planning qui m’a appelé à 22h pour remonter un avion cargo de Marseille à CDG !

J’avais mis « ok vol » sur mon planning pendant le milieu de ma semaine de repos, et cet avion dont l’équipage arrivait en « butée » de temps de service de vol s’est posé a Marignane vers 3h30. Ils arrivaient d’Abidjan via Port-Harcourt et le chargement là-bas avait pris 4h de plus que prévu… De ce fait, réglementairement les pilotes ne pouvaient pas faire tout le vol vers CDG car leur amplitude de travail approchait les 16h malgré l’utilisation de toutes les marges possibles, et ils se sont donc posés à Marseille.
Coucher 23h, réveil 2h30, arrivée MRS 3h30 en même temps que l’avion, complément de plein carburant, décollage 31R, direct URELO à 4000ft (!) et 1h01 de vol plus tard nous nous sommes posés à CDG.
Après avoir été longtemps basé Marseille sur A320 je ne pensais pas y décoller en 777 un jour… Je suis ravi d’avoir pu dépanner la compagnie et faire un petit vol supplémentaire – retour prévu en mise en place sur le MRS CDG de 9h15, et petite sieste à prévoir cet après-midi quand même !

Sibérie, cercle polaire et Japon.

Pour ne pas que mes aventures se perdent dans les limbes des « threads » Twitter, et pendant que j’ai un peu de temps, je fixe ici quelques photos de ce beau vol AF276 entre Paris CDG et Tokyo.

Nous avons frôlé la nuit pendant ce vol, sans jamais être totalement dans l’obscurité. Sur la droite nous avions la Supermoon et sur la gauche le coucher/lever de soleil sur les régions polaires, pendant des heures.

Et c’est pas tous les jours qu’on ‘monte’ au delà du cercle polaire ! Le cap magnétique étant inutilisable, si nécessaire on naviguerait en cap « grille » qui utilise une référence non magnétique. L’avion passe en ‘grid’ au dessus de 70° de latitude nord.

Aujourd’hui notre route était un peu inhabituelle et nous a permis de survoler Hokkaido, au large de Khabarovsk, au sud de l’île de Sakhaline.

Tout d’abord l’île et le Mont Rishiri :
https://goo.gl/maps/Yu2YZpEC5RsSQhBT9

Puis le Mont Yōtei à côté de Sapporo et du Mont Asahi 🍻 … un petit air de Fuji-San !
https://goo.gl/maps/B84nF7mosDRzngMj9

Chica(r)go

Pour essayer la nouvelle version de l’application Quik de GoPro, j’ai fait rapidement ce petit film sur mon vol cargo du jour.

Teotihuacan

La semaine dernière j’ai réalisé un rêve : mon baptême de montgolfière, mais pas n’importe où : les pyramides précolombiennes de Teotihuacan, à 1h de Mexico. C’était à l’occasion d’un découcher dans une des escales où nous avons la chance de pouvoir sortir de l’hôtel, profitant d’une météo exceptionnelle sans nuage ni vent, et du décalage horaire très favorable à un départ matinal…

Pick-up à l’hôtel à 5h30, un peu de route vers le site, petit briefing autour d’un café, et embarquement pour 1h de bonheur ! Atterrissage juste sur la remorque du pick-up qui nous suivait de loin, pliage et rangement de notre ballon multicolore, et retour à l’hôtel vers 11h… Cette année j’ai raté la migration des papillons monarques mais cette escale à Mexico m’a rappelé la chance que j’avais de pouvoir pratiquer ce métier de découverte et de visites, un côté malmené en ce moment par la crise sanitaire durant laquelle nous sommes trop souvent confinés dans notre hôtel ou même dans notre chambre.

Tokyo confiné…

Je rentre d’une rotation cargo à Tokyo, hélas confiné dans l’hôtel pendant 64 heures. Cela ne m’a pas empêché de prendre quelques photos en vol et au sol…

Washington

Quelques photos prises sur ma rotation qui restait 48h dans la capitale américaine, juste après les émeutes du Capitole. Je suis allé faire le touriste sous un grand soleil.

Brouillard givrant

Lundi 7 décembre, 7h du matin à Roissy – visibilité horizontale 350m, brouillard givrant, nous partions vers Mexico en 777 Cargo. Lors du roulage en ligne droite et lorsque l’avion était arrêté pour le dégivrage, le copilote de renfort a pu prendre quelques photos de cette ambiance fantomatique…

Nous connaissons quasiment par cœur les voies de circulation de Roissy mais l’utilisation de la “moving map” est très intéressante dans des cas de roulage par faible visibilité. Elle nous indique la position GPS et l’orientation de l’avion sur un plan du terrain vu du dessus, que l’on peut glisser et zoomer par des gestes tactiles. Nous avons une autre aide : le RAAS, pour “Runway Awareness and Advisory System” qui nous avertit si nous approchons d’une piste pour ne pas y pénétrer par mégarde – (la voix synthétique étant féminine, nous l’appelons Marguerite du RAAS).

(image https://aviation.stackexchange.com/ )

Une fois l’avion débarassé de la glace qui encombrait ses ailes, nous avons pu décoller pour 11h de vol, survoler le sud de l’Islande et le Groenland malheureusement sous les nuages, traverser le grand nord canadien puis les USA au dessus de Chicago, Saint-Louis, Dallas, Memphis, Houston, voir au loin les fumerolles du Popocatepetl en éruption, et nous poser à Mexico sous un grand soleil et 21°c.

Ca change du brouillard givrant.