Vol cargo imprévu

Hier soir j’ai dépanné le planning qui m’a appelé à 22h pour remonter un avion cargo de Marseille à CDG !

J’avais mis « ok vol » sur mon planning pendant le milieu de ma semaine de repos, et cet avion dont l’équipage arrivait en « butée » de temps de service de vol s’est posé a Marignane vers 3h30. Ils arrivaient d’Abidjan via Port-Harcourt et le chargement là-bas avait pris 4h de plus que prévu… De ce fait, réglementairement les pilotes ne pouvaient pas faire tout le vol vers CDG car leur amplitude de travail approchait les 16h malgré l’utilisation de toutes les marges possibles, et ils se sont donc posés à Marseille.
Coucher 23h, réveil 2h30, arrivée MRS 3h30 en même temps que l’avion, complément de plein carburant, décollage 31R, direct URELO à 4000ft (!) et 1h01 de vol plus tard nous nous sommes posés à CDG.
Après avoir été longtemps basé Marseille sur A320 je ne pensais pas y décoller en 777 un jour… Je suis ravi d’avoir pu dépanner la compagnie et faire un petit vol supplémentaire – retour prévu en mise en place sur le MRS CDG de 9h15, et petite sieste à prévoir cet après-midi quand même !

Sibérie, cercle polaire et Japon.

Pour ne pas que mes aventures se perdent dans les limbes des « threads » Twitter, et pendant que j’ai un peu de temps, je fixe ici quelques photos de ce beau vol AF276 entre Paris CDG et Tokyo.

Nous avons frôlé la nuit pendant ce vol, sans jamais être totalement dans l’obscurité. Sur la droite nous avions la Supermoon et sur la gauche le coucher/lever de soleil sur les régions polaires, pendant des heures.

Et c’est pas tous les jours qu’on ‘monte’ au delà du cercle polaire ! Le cap magnétique étant inutilisable, si nécessaire on naviguerait en cap « grille » qui utilise une référence non magnétique. L’avion passe en ‘grid’ au dessus de 70° de latitude nord.

Aujourd’hui notre route était un peu inhabituelle et nous a permis de survoler Hokkaido, au large de Khabarovsk, au sud de l’île de Sakhaline.

Tout d’abord l’île et le Mont Rishiri :
https://goo.gl/maps/Yu2YZpEC5RsSQhBT9

Puis le Mont Yōtei à côté de Sapporo et du Mont Asahi 🍻 … un petit air de Fuji-San !
https://goo.gl/maps/B84nF7mosDRzngMj9

Chica(r)go

Pour essayer la nouvelle version de l’application Quik de GoPro, j’ai fait rapidement ce petit film sur mon vol cargo du jour.

Teotihuacan

La semaine dernière j’ai réalisé un rêve : mon baptême de montgolfière, mais pas n’importe où : les pyramides précolombiennes de Teotihuacan, à 1h de Mexico. C’était à l’occasion d’un découcher dans une des escales où nous avons la chance de pouvoir sortir de l’hôtel, profitant d’une météo exceptionnelle sans nuage ni vent, et du décalage horaire très favorable à un départ matinal…

Pick-up à l’hôtel à 5h30, un peu de route vers le site, petit briefing autour d’un café, et embarquement pour 1h de bonheur ! Atterrissage juste sur la remorque du pick-up qui nous suivait de loin, pliage et rangement de notre ballon multicolore, et retour à l’hôtel vers 11h… Cette année j’ai raté la migration des papillons monarques mais cette escale à Mexico m’a rappelé la chance que j’avais de pouvoir pratiquer ce métier de découverte et de visites, un côté malmené en ce moment par la crise sanitaire durant laquelle nous sommes trop souvent confinés dans notre hôtel ou même dans notre chambre.

Tokyo confiné…

Je rentre d’une rotation cargo à Tokyo, hélas confiné dans l’hôtel pendant 64 heures. Cela ne m’a pas empêché de prendre quelques photos en vol et au sol…

Washington

Quelques photos prises sur ma rotation qui restait 48h dans la capitale américaine, juste après les émeutes du Capitole. Je suis allé faire le touriste sous un grand soleil.

Brouillard givrant

Lundi 7 décembre, 7h du matin à Roissy – visibilité horizontale 350m, brouillard givrant, nous partions vers Mexico en 777 Cargo. Lors du roulage en ligne droite et lorsque l’avion était arrêté pour le dégivrage, le copilote de renfort a pu prendre quelques photos de cette ambiance fantomatique…

Nous connaissons quasiment par cœur les voies de circulation de Roissy mais l’utilisation de la “moving map” est très intéressante dans des cas de roulage par faible visibilité. Elle nous indique la position GPS et l’orientation de l’avion sur un plan du terrain vu du dessus, que l’on peut glisser et zoomer par des gestes tactiles. Nous avons une autre aide : le RAAS, pour “Runway Awareness and Advisory System” qui nous avertit si nous approchons d’une piste pour ne pas y pénétrer par mégarde – (la voix synthétique étant féminine, nous l’appelons Marguerite du RAAS).

(image https://aviation.stackexchange.com/ )

Une fois l’avion débarassé de la glace qui encombrait ses ailes, nous avons pu décoller pour 11h de vol, survoler le sud de l’Islande et le Groenland malheureusement sous les nuages, traverser le grand nord canadien puis les USA au dessus de Chicago, Saint-Louis, Dallas, Memphis, Houston, voir au loin les fumerolles du Popocatepetl en éruption, et nous poser à Mexico sous un grand soleil et 21°c.

Ca change du brouillard givrant.

À vendre… [ Update : vendus ]

Je vends mes intras bluetooth Sony WF-1000XM3, excellente réduction de bruit, état impeccable, 12 mousses et embouts silicone jamais utilisés.

Autonomie 7h + 2 recharges grâce au boîtier.

Avec boîte, notice et facture de septembre 2019.

Envoi possible – Prix 95€

Vols cargo

Puisqu’on fait beaucoup de vols en « camion » ces temps-ci car beaucoup de frontières sont fermées aux vols « passagers », voilà quelques photos et informations sur nos avions cargo.

Bienvenue sur le F-GUOC !
L’entrée de l’avion est assez différente…
4 sièges confortables pour les accompagnateurs de fret particulier (souvent des chevaux) ou bien un mécanicien qui suit l’avion pour une rotation dans des escales inhabituelles.
Le « galley » où sont stockés les plateaux-repas et le matériel sanitaire actuellement… Un cauchemar pour nous pilotes, qui ne le manipulons que très rarement – on met toujours un temps fou à s’y retrouver, sortir les plateaux repas, chauffer correctement nos cassolettes, retrouver les dosettes de café ou les bouteilles d’eau…
Le placard La couchette – 2 lits superposés assez étroits, avec une porte battante, juste derrière le cockpit. C’est assez exigu… Il y a un rideau par niveau ce qui permet un peu d’intimité… Le seul avantage du cargo c’est que la porte du cockpit ne claque pas à la fermeture… c’est moins bruyant… (voir ci-dessous)
Pas de porte ?
Non, juste un rideau !
Le pont principal du cargo, encore vide avant son chargement ; on peut y mettre des palettes de différentes tailles, des voitures, des moteurs d’avion et même des hélicoptères… L’accès nous est interdit pendant le chargement pour ne pas risquer de se faire écraser, on peut s’y rendre pendant le vol si nécessaire en emportant avec soi une cagoule permettant une autonomie de 15 minutes d’oxygène en cas de feu ou de dépressurisation. Un système d’avertisseur sonore et lumineux permet de savoir qu’il faut retourner à son siège immédiatement…
Voilà à quoi ça ressemble une fois chargé.
On voit sur cette image la porte de soute inférieure, identique aux soutes à bagage des avions « passagers » qui peuvent accueillir des containers standard ou des palettes de fret.
Notre flotte d’avions « passagers » étant sous-utilisée, et les prix du kilo de fret ayant apparemment bien augmenté, nous effectuons également parfois des vols cargo sur avion passagers… les soutes sont bien remplies et même parfois des bâches de protection et des filets de retenue sont placés sur les sièges pour permettre le transport du fret en cabine !