En passant…

Ça fait un moment que je n’ai pas écrit ici.

Le post précédent datait de mon retour de Washington, et juste après j’ai eu le COVID… Fort heureusement peu de symptômes, juste une grosse grosse fatigue et quelques douleurs articulaires, qui ont duré 10 jours. Je suis reparti en vol début février sur Nairobi puis Johannesburg.

Le planning de mars vient de nous être confirmé (ça sort le 25 du mois précédent pour le mois suivant, alors pour mars c’est toujours délicat car on n’a que 3 jours pour s’organiser !…) et ça sera Tokyo en cargo ce soir, Mexico avec des passagers un autre Tokyo à cheval sur mars et avril. Je m’en réjouis car j’adore le Japon, mais je regrette d’être toujours confiné à l’hôtel…

Vivement la fin de cette maudite période. Je la traverse avec une famille en bonne santé, et un employeur français soutenu par l’Etat. Je mesure ma chance.

Washington

Quelques photos prises sur ma rotation qui restait 48h dans la capitale américaine, juste après les émeutes du Capitole. Je suis allé faire le touriste sous un grand soleil.

Brouillard givrant

Lundi 7 décembre, 7h du matin à Roissy – visibilité horizontale 350m, brouillard givrant, nous partions vers Mexico en 777 Cargo. Lors du roulage en ligne droite et lorsque l’avion était arrêté pour le dégivrage, le copilote de renfort a pu prendre quelques photos de cette ambiance fantomatique…

Nous connaissons quasiment par cœur les voies de circulation de Roissy mais l’utilisation de la “moving map” est très intéressante dans des cas de roulage par faible visibilité. Elle nous indique la position GPS et l’orientation de l’avion sur un plan du terrain vu du dessus, que l’on peut glisser et zoomer par des gestes tactiles. Nous avons une autre aide : le RAAS, pour “Runway Awareness and Advisory System” qui nous avertit si nous approchons d’une piste pour ne pas y pénétrer par mégarde – (la voix synthétique étant féminine, nous l’appelons Marguerite du RAAS).

(image https://aviation.stackexchange.com/ )

Une fois l’avion débarassé de la glace qui encombrait ses ailes, nous avons pu décoller pour 11h de vol, survoler le sud de l’Islande et le Groenland malheureusement sous les nuages, traverser le grand nord canadien puis les USA au dessus de Chicago, Saint-Louis, Dallas, Memphis, Houston, voir au loin les fumerolles du Popocatepetl en éruption, et nous poser à Mexico sous un grand soleil et 21°c.

Ca change du brouillard givrant.

Vols cargo

Puisqu’on fait beaucoup de vols en « camion » ces temps-ci car beaucoup de frontières sont fermées aux vols « passagers », voilà quelques photos et informations sur nos avions cargo.

Bienvenue sur le F-GUOC !
L’entrée de l’avion est assez différente…
4 sièges confortables pour les accompagnateurs de fret particulier (souvent des chevaux) ou bien un mécanicien qui suit l’avion pour une rotation dans des escales inhabituelles.
Le « galley » où sont stockés les plateaux-repas et le matériel sanitaire actuellement… Un cauchemar pour nous pilotes, qui ne le manipulons que très rarement – on met toujours un temps fou à s’y retrouver, sortir les plateaux repas, chauffer correctement nos cassolettes, retrouver les dosettes de café ou les bouteilles d’eau…
Le placard La couchette – 2 lits superposés assez étroits, avec une porte battante, juste derrière le cockpit. C’est assez exigu… Il y a un rideau par niveau ce qui permet un peu d’intimité… Le seul avantage du cargo c’est que la porte du cockpit ne claque pas à la fermeture… c’est moins bruyant… (voir ci-dessous)
Pas de porte ?
Non, juste un rideau !
Le pont principal du cargo, encore vide avant son chargement ; on peut y mettre des palettes de différentes tailles, des voitures, des moteurs d’avion et même des hélicoptères… L’accès nous est interdit pendant le chargement pour ne pas risquer de se faire écraser, on peut s’y rendre pendant le vol si nécessaire en emportant avec soi une cagoule permettant une autonomie de 15 minutes d’oxygène en cas de feu ou de dépressurisation. Un système d’avertisseur sonore et lumineux permet de savoir qu’il faut retourner à son siège immédiatement…
Voilà à quoi ça ressemble une fois chargé.
On voit sur cette image la porte de soute inférieure, identique aux soutes à bagage des avions « passagers » qui peuvent accueillir des containers standard ou des palettes de fret.
Notre flotte d’avions « passagers » étant sous-utilisée, et les prix du kilo de fret ayant apparemment bien augmenté, nous effectuons également parfois des vols cargo sur avion passagers… les soutes sont bien remplies et même parfois des bâches de protection et des filets de retenue sont placés sur les sièges pour permettre le transport du fret en cabine !

Paris / Ouagadougou / Accra

Hier je suis parti pour un vol “cargo” sur avion “passagers”, chargé uniquement de marchandises dans les soutes. Le prix du transport de fret aérien ayant beaucoup augmenté depuis le début de la crise sanitaire, nous effectuons souvent des vols de ce type qui sont pour le moment rentables. Le terrain d’Accra au Ghana est d’ailleurs fermé aux passagers, mais ouvert aux opérations cargo.

Arrivée à la préparation des vols à 10h30 pour un départ à 13h. Nous avons décollé face à l’ouest sur la piste 26R de CDG, contourné Paris par l’ouest, survolé Versailles, et mis le cap vers le sud ; survol de Moulins, du viaduc de Millau, de la région de Narbonne et Perpignan (photo) puis Majorque, l’ouest d’Alger…

Ensuite deux heures de désert Saharien, avec hélas beaucoup de nuages d’altitude. Et avant et pendant la descente sur Ouagadougou, enfin de jolis paysages à voir et photographier ! (Je regrette mon appareil photo bridge Lumix qui me permettait de zoomer plus fortement sur les paysages survolés, j’espère que le prochain iPhone aura un zoom optique x5… )

Après une approche RNAV GPS à Ouaga (ah, la généralisation des approches GPS donne beaucoup de sérénité aux pilotes ; sur certains terrains parfois les balises radio avaient un fonctionnement erratique…) en piste 22, déchargement du fret, remontée de containers vides et attente du créneau de décollage pour Accra.

A Ouagadougou pour préparer notre étape suivante nous avions besoin d’internet sur nos PilotPads mais la connexion était assez lente ; le responsable du chargement nous a confié un téléphone 4G qui nous a permis de nous connecter et de récupérer notre dossier de vol et les informations météo – pour ne pas oublier de le lui rendre, il l’a attaché à une mignonne peluche d’avion AF… Et avant notre départ un 757 cargo blanc comme un cygne se faisait remorquer jusqu’au point d’attente de la piste, les parkings étant assez exigus… Décollage en 1500m, avion très léger, quelques oiseaux et d’énormes chauves-souris nous frôlent après l’envol.

Après une heure de vol au niveau 410, descente et début d’approche sur Accra – vu d’en haut j’ai eu l‘impression d’une ville énorme et très étendue. ILS 21, roulage court, coupure des moteurs à 22h. Ne pas oublier de désarmer les toboggans des portes 1 et 2 car nous n’avons pas de PNC sur ce vol un peu spécial – le contexte est propice aux erreurs alors il faut prendre des marges, se surveiller mutuellement, et se mettre des aide-mémoires pour penser aux tâches inhabituelles ! Un petit carton météo sur lequel j’ai écrit « PORTES 1 et 2 » posé près des manettes de coupure moteur fait l’affaire…

Après le passage des consignes aux collègues qui repartent dans l’autre sens, les formalités douanières et administratives diverses, arrivée à l’hôtel vers minuit pour 48h de repos ; nous pourrions repartir au bout de 24h mais il n’y pas de vol tous les jours pour Accra. Hélas nous ne pouvons pas quitter l’hôtel, mais nous pouvons sortir de la chambre et prendre nos repas au bord de la piscine – c’est déjà très bien, en ce moment on a des joies simples… Retour prévu demain soir, toujours en cargo.

COVID-19

Voilà à quoi on ressemble quand on essaie de dormir en « mise en place » (c’est à dire un vol en tant que passager pour aller ou rentrer de mission) dans un avion ces temps-ci… 😷

D’ailleurs j’ai découvert qu’on pouvait fort bien avoir accès aux paramètres de vol depuis le siège 3L dans le 777.

La prochaine fois j’essaie de m’installer là pour piloter, c’est bien plus confortable. 😉

Le TWA HOTEL

Je n’aurais jamais dû voir le TWA Hotel.

J’étais de réserve à l’hôtel de Roissy, quand Thierry du planning, de sa voix suave et mélodieuse, m’a passé un coup de fil : « ce soir tu pars sur Shanghai / Singapour à 23h30 ! » puis, quelques minutes plus tard « ah ben non finalement y’a François qui s’est bloqué le dos, fonce, on t’attend sur le New-York de 14h20, retour en mise en place jeudi matin ! » Premier coup de bol : en cette période si particulière où notre programme de vols est abattu de 90%, et où beaucoup de pilotes sont cloués au sol, partir voler c’était inespéré !

Deuxième coup de bol : en général, les équipages Air France ont la chance d’être hébergés en centre ville, lorsque le temps d’escale le permet. Du 3 au 10 juin, à cause des émeutes aux USA, la Direction de la Sûreté avait décidé de nous « déloger » à l’aéroport de JFK. Je suis arrivé le 9. Cette fois-ci, la chance c’était de dormir à l’aéroport – ce qui m’a permis de découvrir cet hôtel mythique de 512 chambres, établi dans l’ancien terminal de la compagnie TWA, conçu par l’architecte Eero Saarinen au début des années 1960.

Evidemment, les conditions étaient particulières : la magnifique piscine, la salle de sport et les bars et restaurants étaient fermés. Nous avons tout de même pu prendre une Sam Adams et un Hot Dog au soleil avec mes 2 officiers pilotes. La journée du lendemain a été un peu longue mais j’ai pu me promener dans les couloirs et sous l’aile de Connie, le magnifique Super Constellation qui trône devant le bâtiment. J’ai ramené quelques photos que je partage avec vous, en espérant y retourner un jour !

Bot aéro sur Telegram

Un ami pilote vient de créer un bot logiciel qui utilise la messagerie sécurisée Telegram (https://telegram.org) pour obtenir les NOTAMS actualisés et la météo (TAF / METAR) et surveiller ainsi les terrains de votre choix. Vous pouvez donc les recevoir par push !

C’est par là que ça se passe : t.me/blinkAeroBot

Vous pouvez taper /help pour connaitre les commandes disponibles, /monitor XXXX pour débuter la surveillance d’un terrain, /list pour les terrains surveillés, …

Un an de 777

Il y a juste une année, je commençais mon stage de qualification sur Boeing 777.

J’ai donc eu droit hier à mon contrôle simulateur annuel, une séance assez « classique » avec des exercices réglementaires qui se ressemblent beaucoup chaque année. Il y a un petit voyage (Seattle – Vancouver cette année) avec deux pannes mineures et une panne moteur en descente, puis des exercices de panne moteur au décollage, retour rapide, remise de gaz cause météo, et atterrissage. On termine la séance par les entraînements aux « LVO » pour Low Visibility Operations, avec décollages et atterrissages, avec ou sans panne, dans le pire brouillard possible (75m de visibilité, le 777 se pose à 300 km/h…)

Le contrôle s’est bien passé, merci, me voilà revalidé pour un an.

Aujourd’hui c’était la récompense ! Une séance d’entraînement pur, avec des exercices faits sans « pression » puisque ni notre vie ni notre licence n’en dépendent… dans un excellent esprit avec un instructeur qui nous a fait donner le meilleur de nous-mêmes, et qui dès le briefing nous a dit qu’on était là pour se faire plaisir !…


Panne moteur en croisière suivie d’un déroutement sur Kangerlussuaq au Groenland, récupération de l’avion dans des postions inusuelles dignes d’un avion de voltige, approches particulières avec des surprises comme un feu en cabine juste avant l’atterrissage, détection et rattrapage d’erreurs volontaires du contrôleur ou du collègue complice, et panne hydraulique pour finir.

Un peu fatiguant j’avoue, mais l’objectif de l’instructeur était rempli, j’ai pris du plaisir pendant cette séance et cela ne m’était pas arrivé depuis très longtemps au simulateur ! Merci à Gilles (et Richard) pour cette séance après laquelle on se sent en confiance dans son niveau professionnel !

San Francisco

Ca faisait 15 ans que je n’étais pas venu en fonction… Quel plaisir de retrouver cette ville un jour d’Halloween, de parcourir le Golden Gate à vélo sous un grand soleil…

Le meilleur job étudiant DU MONDE

Air France recrute les PCB 2020 !

Je relaie ci-dessous l’annonce trouvée ce jour sur notre site de com° interne ; si vous connaissez des jeunes intéressés pour l’été prochain n’hésitez pas à leur faire connaitre cette opportunité de faire partie de nos équipages pendant quelques semaines ! En général l’expérience est fort appréciée…

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Cette année encore, la compagnie donnera l’opportunité à des saisonniers de travailler à bord de nos avions durant la saison été 2020 (de juin à septembre).

Il faudra être disponible à minima durant deux mois consécutifs incluant obligatoirement juillet et août.

Cette offre Personnel Complémentaire de Bord sera publiée le 30 septembre 2019 sur le site Emploi Air France : https://recrutement.airfrance.com 

Attention, elle sera retirée dès que le nombre de candidats requis sera atteint.

Une attestation d’anglais de niveau minimum B1 et datée de moins de 24 mois sera un prérequis à la candidature. Le niveau B1 se traduit ainsi suivant le type de tests :

–  TOEIC score minimum 550

–  TOEFL IBT score minimum 42

–  BULATS score minimum 40

–  IELTS score minimum de 3.5

–  CAMBRIDGE score minimum PET obtenu

–  LINGUASKILL score minimum 140

Bonne chance à tous les candidats !

L’équipe recrutement RH