Chica(r)go

Pour essayer la nouvelle version de l’application Quik de GoPro, j’ai fait rapidement ce petit film sur mon vol cargo du jour.

Teotihuacan

La semaine dernière j’ai réalisé un rêve : mon baptême de montgolfière, mais pas n’importe où : les pyramides précolombiennes de Teotihuacan, à 1h de Mexico. C’était à l’occasion d’un découcher dans une des escales où nous avons la chance de pouvoir sortir de l’hôtel, profitant d’une météo exceptionnelle sans nuage ni vent, et du décalage horaire très favorable à un départ matinal…

Pick-up à l’hôtel à 5h30, un peu de route vers le site, petit briefing autour d’un café, et embarquement pour 1h de bonheur ! Atterrissage juste sur la remorque du pick-up qui nous suivait de loin, pliage et rangement de notre ballon multicolore, et retour à l’hôtel vers 11h… Cette année j’ai raté la migration des papillons monarques mais cette escale à Mexico m’a rappelé la chance que j’avais de pouvoir pratiquer ce métier de découverte et de visites, un côté malmené en ce moment par la crise sanitaire durant laquelle nous sommes trop souvent confinés dans notre hôtel ou même dans notre chambre.

En passant…

Ça fait un moment que je n’ai pas écrit ici.

Le post précédent datait de mon retour de Washington, et juste après j’ai eu le COVID… Fort heureusement peu de symptômes, juste une grosse grosse fatigue et quelques douleurs articulaires, qui ont duré 10 jours. Je suis reparti en vol début février sur Nairobi puis Johannesburg.

Le planning de mars vient de nous être confirmé (ça sort le 25 du mois précédent pour le mois suivant, alors pour mars c’est toujours délicat car on n’a que 3 jours pour s’organiser !…) et ça sera Tokyo en cargo ce soir, Mexico avec des passagers un autre Tokyo à cheval sur mars et avril. Je m’en réjouis car j’adore le Japon, mais je regrette d’être toujours confiné à l’hôtel…

Vivement la fin de cette maudite période. Je la traverse avec une famille en bonne santé, et un employeur français soutenu par l’Etat. Je mesure ma chance.

Vols cargo

Puisqu’on fait beaucoup de vols en « camion » ces temps-ci car beaucoup de frontières sont fermées aux vols « passagers », voilà quelques photos et informations sur nos avions cargo.

Bienvenue sur le F-GUOC !
L’entrée de l’avion est assez différente…
4 sièges confortables pour les accompagnateurs de fret particulier (souvent des chevaux) ou bien un mécanicien qui suit l’avion pour une rotation dans des escales inhabituelles.
Le « galley » où sont stockés les plateaux-repas et le matériel sanitaire actuellement… Un cauchemar pour nous pilotes, qui ne le manipulons que très rarement – on met toujours un temps fou à s’y retrouver, sortir les plateaux repas, chauffer correctement nos cassolettes, retrouver les dosettes de café ou les bouteilles d’eau…
Le placard La couchette – 2 lits superposés assez étroits, avec une porte battante, juste derrière le cockpit. C’est assez exigu… Il y a un rideau par niveau ce qui permet un peu d’intimité… Le seul avantage du cargo c’est que la porte du cockpit ne claque pas à la fermeture… c’est moins bruyant… (voir ci-dessous)
Pas de porte ?
Non, juste un rideau !
Le pont principal du cargo, encore vide avant son chargement ; on peut y mettre des palettes de différentes tailles, des voitures, des moteurs d’avion et même des hélicoptères… L’accès nous est interdit pendant le chargement pour ne pas risquer de se faire écraser, on peut s’y rendre pendant le vol si nécessaire en emportant avec soi une cagoule permettant une autonomie de 15 minutes d’oxygène en cas de feu ou de dépressurisation. Un système d’avertisseur sonore et lumineux permet de savoir qu’il faut retourner à son siège immédiatement…
Voilà à quoi ça ressemble une fois chargé.
On voit sur cette image la porte de soute inférieure, identique aux soutes à bagage des avions « passagers » qui peuvent accueillir des containers standard ou des palettes de fret.
Notre flotte d’avions « passagers » étant sous-utilisée, et les prix du kilo de fret ayant apparemment bien augmenté, nous effectuons également parfois des vols cargo sur avion passagers… les soutes sont bien remplies et même parfois des bâches de protection et des filets de retenue sont placés sur les sièges pour permettre le transport du fret en cabine !

Le TWA HOTEL

Je n’aurais jamais dû voir le TWA Hotel.

J’étais de réserve à l’hôtel de Roissy, quand Thierry du planning, de sa voix suave et mélodieuse, m’a passé un coup de fil : « ce soir tu pars sur Shanghai / Singapour à 23h30 ! » puis, quelques minutes plus tard « ah ben non finalement y’a François qui s’est bloqué le dos, fonce, on t’attend sur le New-York de 14h20, retour en mise en place jeudi matin ! » Premier coup de bol : en cette période si particulière où notre programme de vols est abattu de 90%, et où beaucoup de pilotes sont cloués au sol, partir voler c’était inespéré !

Deuxième coup de bol : en général, les équipages Air France ont la chance d’être hébergés en centre ville, lorsque le temps d’escale le permet. Du 3 au 10 juin, à cause des émeutes aux USA, la Direction de la Sûreté avait décidé de nous « déloger » à l’aéroport de JFK. Je suis arrivé le 9. Cette fois-ci, la chance c’était de dormir à l’aéroport – ce qui m’a permis de découvrir cet hôtel mythique de 512 chambres, établi dans l’ancien terminal de la compagnie TWA, conçu par l’architecte Eero Saarinen au début des années 1960.

Evidemment, les conditions étaient particulières : la magnifique piscine, la salle de sport et les bars et restaurants étaient fermés. Nous avons tout de même pu prendre une Sam Adams et un Hot Dog au soleil avec mes 2 officiers pilotes. La journée du lendemain a été un peu longue mais j’ai pu me promener dans les couloirs et sous l’aile de Connie, le magnifique Super Constellation qui trône devant le bâtiment. J’ai ramené quelques photos que je partage avec vous, en espérant y retourner un jour !

4 mars 1988

C’était il y a 30 ans. Jour pour jour.

J’avais 16 ans, j’étais en Première S au lycée Henri Poincaré de Nancy.

Vers midi, ma mère est venue me chercher avec mon petit frère et m’a dit « Ton papa a eu un accident d’avion. On n’est plus que nous trois… »

Dans la matinée, elle l’avait appris à la radio… « Il n’y a pas de survivant dans l’avion de la TAT qui s’est écrasé ce matin en Seine et Marne – cet avion effectuait la ligne Nancy-Paris… »

Mon père était le commandant de bord du Fairchild 227 qui s’est écrasé ce matin-là près de Melun.

Les jours, les semaines et les mois suivants, nous avons entendu et lu des articles épouvantables écrits par des « journalistes » pseudo experts aériens, qui chargeaient honteusement les pilotes puisque plus personne n’était là pour se défendre.

Le rapport du BEA innocenta l’équipage, l’hypothèse retenue fut celle-ci : l’avion avait un élément défectueux qui trimmait la commande de profondeur hors limite à cabrer, à l’insu des pilotes ; il s’était produit juste à ce moment une panne électrique totale, indépendante du souci de trim…. La fameuse loi de l’emmerdement maximum…. Sans horizon artificiel de secours (pas obligatoire sur cet avion à l’époque) il était impossible de récupérer l’avion en IMC.

Des rumeurs sur une autre cause de l’accident circulaient, et je me disais à l’épisode que dans 20 ou 30 ans, comme pour la Caravelle Ajaccio – Nice, des témoignages émergeraient et nous aideraient à comprendre ce qui s’était passé.

30 ans plus tard, c’est aujourd’hui…

J’ai écrit ce simple post parce que je pense à lui, à son équipage et à ses passagers.

Aerobatix

Vêtements pour aviateurs

Allez, c’est pas souvent que je fais de la pub, mais là en plus c’est totalement désintéressé : je suis FAN de cette marque de vêtements orientés aéronautique – plein de beaux blousons, t-shirts et vestes avec des logos de pilotes, d’aéroports et de voltige aérienne.

C’est plus abordable pendant les soldes, mais c’est de la belle qualité. Je recommande !